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Blog de BenJuly 08 La Fête du cinéma
Deux euros la place, c’est soi-disant rentable. Je dis bien soi-disant, parce que pour certains films, disons le tout net, c’est encore 1,80 € trop cher. Ci-dessous quelques critiques, en vrac.
Dans un autre registre, mais tout aussi savoureux – du moins pour les amateurs de thrillers – je cite volontiers La nuit nous appartient, de James Gray. Outre le fait que Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg et Eva Mendes jouent à la perfection, l’intrigue du film est franchement convaincante, et, sans tomber dans le scénario préconçu et cousu d’avance qu’adoptent souvent les auteurs de polars, celui-ci est bien ficelé, haletant jusqu’à la fin. La reconstitution du New-York des 1980’s est époustouflante.
Un ton en dessous, mais sympa quand même : The darjeeling limited, de Wes Anderson. Comédie dramatique dans laquelle trois frères qui ne sont pas vus depuis l’enterrement de leur père cherchent à se réconcilier, et c’est un voyage dans nord de l’Inde qui doit leur permettre de se retrouver et à terme de revoir leur mère réfugiée dans un couvent. L'aîné veut nouer une vraie relation spirituelle, le cadet attend un enfant et le benjamin est obnubilé par son ex compagne. L’univers piquant et animé de Wes Anderson est plutôt plaisant, le rire est souvent au rendez-vous.
June 23 Élections américaines : Dieu, soutien ou obstacle des candidats à la présidence ?
L' insupportable condition des étrangers en centre de rétention"Des événements extrêmement graves se déroulent actuellement au centre de rétention de Vincennes, après la mort hier d’un étranger retenu. Les deux sites du CRA seraient en feu, et des informations à vérifier font état de nombreux blessés. Depuis des mois, la Cimade n’a eu de cesse d’alerter au plus haut niveau des risques considérables d’explosion qui peuvent intervenir à tout moment dans un centre de 280 personnes non conforme à la réglementation. La Cimade déplore la surdité de la préfecture de police de Paris et du ministère de l’Immigration, dont la responsabilité sur la situation actuelle est clairement engagée." March 27 N'oublions pas le TibetIn LIBERATION, le 27 mars 2008. Auteur : PASCALE NIVELLE Chine. Fronde contre les télés occidentales, sites interdits, direct truqué… Pékin récrit l’histoire. Un nouvel incident entre Tibétains et policiers a eu lieu lundi à Garze, dans la province du Sichuan. Il y aurait un mort et des blessés, selon les médias chinois et le gouvernement tibétain en exil, d’accord sur le bilan mais pas sur les faits. Un policier a été tué à coups de couteau, assure Chine nouvelle, l’agence de presse d’Etat. Un moine de 18 ans est mort sous les balles chinoises, dit le Centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie de Dharamsala, en Inde. Le journaliste qui tente de recouper les informations auprès des autorités locales, par téléphone puisque la zone tibétaine reste interdite, s’entend répondre que «personne n’est au courant». «Le soleil sourit.» Depuis le début des émeutes, le 10 mars, la propagande chinoise mène une guerre féroce qui tourne en boucle sur les médias, diffusant des images chocs sur les violentes manifestations, reprenant les slogans lancés par les dirigeants contre les «atrocités» commises au Tibet, les «casseurs», les «saboteurs des Jeux olympiques» et la «clique du dalaï-lama». Mais pas une image des dizaines de milliers de policiers envoyés sur le front, ni un mot d’explication sur les causes de la crise. Faits et critiques sont systématiquement censurés. Mardi, la presse chinoise a célébré à pleines pages le «succès de l’allumage de la flamme olympique», qui «transmet au monde un esprit pacifique et fraternel et un idéal de liberté et de démocratie». L’incident qui a marqué la cérémonie, en plein discours de Qi Liu, président du comité d’organisation des Jeux et numéro un du Parti communiste chinois (PCC), n’a pas été évoqué. A la une du China Daily, organe du PCC en anglais, on pouvait lire le lendemain : «Le soleil sourit à la flamme olympique». La télévision, qui retransmettait en direct, s’est interrompue sans explication. Depuis le week-end, la presse occidentale essuie un tir médiatique, accusée dans le China Daily d’être «partiale». «Le seul message des médias étrangers est que la Chine a perdu la tête, a dit Gao Zhikai, ex-fonctionnaire des Affaires étrangères, Ils parlent du dalaï-lama comme d’un dieu.» «Gœbbels». Un site chinois baptisé Anti-CNN, consacré à la chaîne américaine «leader mondial des menteurs», a posté une lettre contre «les médias occidentaux nazis de Goebbels». Chine Nouvelle publie des tribunes sur «l’arrogance de l’Ouest» et remarque : «Cela va bien à l’Occident, cette histoire chrétienne de David et Goliath.» Elle ne cite que les témoignages de violences contre les Chinois relatés à l’étranger et salue les «excuses» de la télévision allemande RTL, qui a situé au Tibet une manifestation ayant eu lieu au Népal. L’agence d’Etat relève méticuleusement les erreurs de ses confrères étrangers : CNN a publié une photo tronquée, omettant de montrer des émeutiers tibétains jetant des pierres sur un convoi de la police. Un journal allemand aurait volontairement déformé la vérité en montrant un jeune Tibétain emmené par la police alors que celle-ci se portait à son secours. «Une façon de coiffer Li du chapeau de Zhang»,s’indigne un universitaire. YouTube a été bloqué dès le début des manifestations, CNN ou la BBC sont inaccessibles dès que l’on tape le mot «Tibet». Les quotidiens anglo-saxons font aussi l’objet de coupures ciblées. En revanche, des sites chinois habituellement censurés sont ouverts. Ils débordent d’attaques virulentes contre les Tibétains et les médias occidentaux. Un internaute : «Au nom de la liberté de la presse, les médias étrangers calomnient et diffament sans scrupule les pays en développement. Ils trompent et tendent de pièges, fabriquent l’information à leur guise.» Voyage de presse. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé la réouverture du Tibet à la presse. Un voyage est organisé cette semaine à Lhassa pour une dizaine de journalistes étrangers désignés d’office, sans un seul Français. «Cela leur permettra de connaître la vérité sur les émeutes», a déclaré le porte-parole Qin Gang. January 10 Paris...
Paris, quelques jours par an, souvent en hiver. Une ballade, puis deux, puis trois. Le temps d’une réflexion, d’un rêve, d’une évasion, d’une réalité imperceptible... Marcher sur les boulevards, et lever les yeux. Reconsidérer le Paris Haussmannien, celui tant désiré par Napoléon III, le Paris du second empire, celui de toutes les folies, de la modernité naissante et des grands magasins. Le Paris hurlant au rythme effréné du développement industriel et du crissement des rails des nouvelles gares de l’Est, de Lyon, d’Austerlitz… Se promener dans les parcs, et repenser aux carrières désaffectées, noires, mornes, qui hantent les Buttes-Chaumont. Revisiter le Paris qui respire, avec Montsouris et Vincennes, prémices de ce que les urbanistes appelleront plus tard la « ville nature ». Marcher, le long du boulevard Sébastopol, et redécouvrir la cité. Penser à Baltard et aux anciennes Halles centrales, au Paris schizophrénique et boulimique du siècle de l’Histoire : le Paris des réseaux, qui se gargarise des créations d’Alphand et de Belgrand, celui qui s’enterre pour agrandir ses réseaux et développer son territoire. Parlons-en de ce Paris souterrain, cette ville sous la ville et son ambiance glauque et malodorante mêlée au bouillonnement et au va et vient incessant des gens à la station de Châtelet les halles. Le métropolitain, reflet de la vicissitude des quotidiens de chacun, lorsqu’on surprend tous ces gens accros du portable devenu le vecteur incontournable du raccrochement dématérialisé à des réseaux sociaux, économiques, culturels, associatifs parfois même diasporéïques, symbolisant une déterritorialisation croissante des modes de vie et des pratiques urbaines. De même que le lecteur MP3 qui nous transporte dans l’ailleurs et nous éloigne ainsi des réalités immanentes à notre condition d’usager. Et que dire de cette effervescence qu’on retrouve aux heures de pointes, ces visages fuyants, cette ville mobile convulsive dans laquelle l’indifférence devient la norme ? Marcher à Paris, pour réfléchir à la condition post-moderne, telle que décrite par Arendt ou Ascher. Paris comme paradigme et paroxysme de la contemporanité révélée par le mouvement, l’inachèvement et l’incertitude. Paris comme reflet d’une société qui s’éternise dans le présent en délaissant toute utopie créatrice. En témoigne le Pont des Arts un soir de réveillon qui nous renvoie des images alarmantes de solitude, d’isolement et d’abandon dans la drogue et l’alcool. Photographie d’une société de plus en plus inégalitaire, les tentes rouges du canal Saint Martin alliées aux dévergondés du centre ville contrastant violemment avec le parfum de luxe, de Rolex et de Fouquet’s qui embaume les villas bourgeoises du XVI ème et de Neuilly Sur Seine, à deux pas de là. Marcher à Paris, pour mesurer l’hyperthermie d’une société post-moderne en manque de repères et d’identité. Mais non sans l’espoir d’arriver un jour à recréer ensemble des solidarités et des complicités. Peut-être est-ce un rêve ? Sûrement, mais si nous rêvons à plusieurs, comme le dit Dom Helder Camara, c’est alors le début d’une réalité… Benoît January 01 Vous aimez la géographie ? Jouez !This Traveler IQ challenge is brought to you by the Web's Original Travel Blog Si le player ne fonctionne pas : http://www.travelpod.com/traveler-iq/game1 Pour information, il y a d'autres challenges (Europe uniquement, Asie, Amérique...) sur le site : http://www.travelpod.com/traveler-iq puis "others challenges" September 29 DécroyanceNouveau consensus français : nous ne travaillons pas assez. De Nicolas Sarkozy à François Hollande, le même hymne au travail et à la croissance. Une vision qui n'est pas celle de l'Ecclésiaste.
Y croyaient-ils ? Ont-ils fait semblant d’y croire ? Y ont-ils cru avant de cesser d’y croire ? Comme sous l’Inquisition, broyés par leur récente défaite, finiraient-ils par croire à leurs propres aveux, à leur étrange repentir ? Se seraient-ils convertis… au sarkozysme, les socialistes ?
N’avez-vous point ouï François Hollande déclarer que « le pays doit travailler plus », et que le PS « ne peut plus dire qu’on va rétablir les 35 heures » ? Alors que le candidat Sarkozy enrobait son « travailler plus pour gagner plus » de la promesse que la loi sur les 35 heures ne serait pas remise en cause. Ahurissant… Stakhanovistes de toutes les provinces, unissez-vous ! La France est un pays de feignants ! Votre personnel politique se vante de bosser 70 heures par semaine. En comptant en heures de travail les repas d’affaires, en faisant élever les enfants par des gouvernantes, en faisant assurer l’intendance par des domestiques. Vous, manants, qui ne savez pas comment jongler avec vos horaires de travail, ceux de l’école, des séances de musique de la fille et des cours de gymnastique du fiston, plus les devoirs à la maison, les courses à faire et, si vous êtes chrétien militant, le culte dominical, eh bien vous vous la coulez douce. Evidemment, si l’Etat socialiste s’était appliqué la vocation des 35 heures, c’est-à-dire le partage d’un travail trop rare, nous n’en serions pas à cette quasi-inversion des polarités. Quand on va à l’étranger, il saute aux yeux que la France traîne une armée de post-jeunes et de préretraités qui ont en commun de n’être pas désirables pour le marché du travail. Ils sont, paraît-il, de trop. Il y a longtemps que je me demande comment, en 1936, on a réussi à imposer les 40 heures alors qu’on travaillait 50 heures et plus, six jours sur sept, et douze mois sur douze. Mais Léon Blum n’était pas François Hollande… Labeur accru Ainsi, nous nous acheminons vers un labeur accru, vers les magasins ouverts le dimanche au détriment d’une relâche communément admise tous les sept jours, les mains tendues vers la déesse Croissance. Personnellement, je cultive une vision du travail qui est celle de l’Ecclésiaste : « Voici ce que j’ai constaté : le bonheur qui convient à l’homme est de manger, de boire et de jouir de ce qui est bon au milieu de son travail qui lui donne tant de peine sous le soleil, pendant les jours que Dieu lui donne à vivre ; c’est là ce qui lui revient (1). » Travailler pour vivre, et non vivre pour travailler. Curieusement, c’est une société hédoniste qui s’apprête à consentir avec fatalisme à son propre asservissement. Nous verrons bien ce que cela produira. En tout cas, je prends le pari que le chômage ne sera guère réduit ; que la pauvreté, au mieux, ne diminuera pas ; que le marché des automobiles et des appartements de luxe va se porter très bien ; que la croissance concernera toujours les mêmes, que la décroissance sera le lot de beaucoup ; que les petits Français auront des parents de plus en plus indisponibles ; que la délinquance a de l’avenir. Reste-t-il quelques politiciens qui prennent le temps de penser, de réfléchir… de prier, peut-être, au lieu d’improviser des lois nouvelles à chaque alerte médiatisée ? Ce n’est pas avec des « peines plancher », « des caméras partout » et des incantations du style : « La croissance, je ne l’attendrai pas, j’irai la chercher » qu’on donnera un avenir à la France. (1). Qo 5,17. Philippe MALIDOR, in Réforme n°3238, 13-19 septembre 2007 May 22 Les Français ne sont pas des paresseux
Par Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives Economiques (www.alternatives-economiques.fr)
Il faut, parait-il, « réhabiliter la valeur travail ». Nicolas Sarkozy en a fait le thème central de sa campagne victorieuse. Il considère manifestement que la paresse actuelle des français est la cause principale des difficultés que rencontre le pays. Il s’agit là pourtant d’une contrevérité qui aurait du en bonne logique lui coûter l’élection tant le propos est insultant à l’égard des 22,5 millions de salariés, qui travaillent dur chaque jour, et des 2 millions de chômeurs, qui aimeraient pouvoir en faire autant. Les résultats de l’économie française ne sont pas, c’est vrai, toujours à la hauteur, mais c’est plutôt du côté des élites économiques dirigeantes qu’il faut en chercher les causes. Et les remèdes. Rien n’est plus faux en effet que ce préjugé tenace d’une France paresseuse : les salariés français figurent au contraire parmi les plus productifs au monde. Selon les chiffres du Bureau of Labor statistics, organisme officiel américain donc peu suspect de socialisme militant ou de francophilie excessive, un français qui occupe un emploi avait produit 71 900 dollars de richesses en moyenne au cours de l’année 2005. C’est certes moins que les 81 000 dollars produits par l’employé américain moyen mais significativement plus que les 64 100 dollars d’un anglais, les 59 100 des allemands ou encore les 56 300 dollars d’un japonais... Et même en matière de temps de travail, si Nicolas Sarkozy ne se contentait pas de répéter les poncifs que lui soufflent ses amis chefs d’entreprises, il saurait que les salariés français ne sont pas, et de très loin, ceux qui travaillent le moins en Europe. Selon Eurostat, l’organisme statistique officiel de l’Union, un salarié français travaillait en moyenne 36,4 heures par semaine au troisième trimestre 2006. Contre 36,1 dans l’ex Union à 15. Les français travaillent presqu’aussi longtemps que les anglais, 36,5 heures, et significativement plus que les danois, 34,6 heures, dont le modèle social est si envié, ou encore que les allemands, 34,5 heures, pourtant champions du monde de l’exportation. Sans parler des néerlandais qui ne restent en moyenne que 29,8 heures au travail chaque semaine. Dans l’ex Europe à 15, c’est en Grèce, 39,9 Heures, et au Portugal, 39,2 Heures, qu’on travaille le plus longtemps. Rattraper la Grèce et le Portugal, est-ce cela l’ambition de Nicolas Sarkozy pour l’économie française ? Si, à niveau de richesses comparable, le chômage est plus important chez nous que chez nos voisins, c’est justement parce que ceux qui ont déjà un emploi sont particulièrement productifs. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs la démarche des 35 heures était parfaitement censée. Et c’est pour la même raison, qu’en cherchant à allonger le temps de travail de ceux qui ont déjà un emploi, Nicolas Sarkozy ne ferait qu’aggraver le chômage. Quant aux chômeurs, soupçonnés de se complaire dans leur situation, il serait pourtant difficile de les pénaliser davantage qu’aujourd’hui afin de les obliger à trouver un emploi : les chômeurs français figurent déjà parmi les plus mal traités. En 2003, 10 des pays de l’ex Union à 15 dépensaient, en effet, davantage que la France pour indemniser leurs chômeurs, rapporté à leur PIB. Jusqu’à 2,7 fois plus par chômeur pour le Danemark ou les Pays Bas, mais aussi un peu plus pour le Portugal... Contrairement à ce que laisse entendre le nouveau président de la République, les salariés français ne sont donc pas des paresseux ni les chômeurs de l’Hexagone des profiteurs. Pour autant, il ne fait guère de doutes que les entreprises françaises rencontrent des difficultés importantes. Elles sont souvent à la peine sur les créneaux High tech en expansion et s’en sortent, en particulier, nettement moins bien sur le marché mondial que les entreprises allemandes. Et cela bien que le travail soit sensiblement plus cher Outre Rhin : 33 dollars de l’heure en 2005 pour un ouvrier de l’industrie contre 24,6 en France selon les chiffres du BLS. Si la paresse des salariés n’est pas en cause, ni le coût de leur travail, est-ce que les raisons de ces difficultés ne seraient pas à chercher plutôt en priorité du côté de la tête des entreprises ? Du côté de la faible qualité de leurs dirigeants et de l’inefficacité de leurs modes de gestion ? Quand on observe, par exemple, le gigantesque gâchis que l’incurie d’un Arnaud Lagardère, actionnaire de référence, combinée à la soif de pouvoir d’un Noel Forgeard a provoqué au sein d’Airbus, on se dit en effet que c’est surtout au niveau de ses élites économiques, de leur recrutement et de leurs habitudes de fonctionnement, que l’économie française aurait besoin d’une « rupture ». Mais évidemment il est plus naturel pour l’ancien maire de Neuilly, qui a recueilli un pourcentage record de 87 % des voix dans sa commune, de chercher à culpabiliser salariés et chômeurs plutôt que de bousculer ses amis patrons...
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